Cuvée "Capitelle de Centeilles"

 

Les tènements de Centeilles

Sous ce nom générique sont élaborées, en quantités limitées, certaines cuvées fortement personnalisées par leur terroir d'origine, dont la cuvée CAPITELLE. Ancien vocable de langue d'oc servant à désigner les différents quartiers d'un territoire communal, le "tènement" est au vigneron languedocien ce que le "climat" est au bourguignon: une réalité vivante, riche de connotations historiques et techniques, dans son infinie déclinaison de la noblesse des terroirs.



A propos du Capitelle…

Il tire son nom d'une construction en pierres sèches qui occupe le centre d'un de nos plus beaux terroirs. Les bergers édifiaient couramment des capitelles, encore au XIX° siècle, sur un plan circulaire ou carré. Le toit en dôme de ces pittoresques abris, souvent complété extérieurement par une "peirefiche" à son sommet, est constitué, au dedans, d'un encorbellement de lauzes gréseuses formant une voûte. Au milieu de bosquets de garrigue méditerranéenne, à un emplacement stratégique de la propriété qui surplombe toute la plaine du Minervois et permet d'embrasser du regard, par delà les monts des Corbières, les Pyrénées elles-mêmes, cette parcelle est le type-même du "vignoble de clairière" dont on sait par ailleurs les atouts micro-climatiques. Le sol silico-caillouteux, sur un support de grès tertiaire (Bartonien) ici plus fissuré qu'ailleurs, se révèle, par ses qualités à la fois chaudes et filtrantes, idéalement adapté à "son" cépage: le difficile Cinsault. Le Cinsault (100% de cette cuvée) fut à l'origine des grands crus languedociens aux XVIII° et XIX°siècles. Plus tard devenu le mal-aimé parce qu'implanté n'importe où, ce cépage à l'adaptation si limitée a retrouvé ici, dans la force de l'âge, avec ses souches aux troncs puissants et aux bras étirés par les tailles successives, les qualités que la tradition lui reconnaissait jadis et qui l'avaient fait élire au milieu de nombreux autres cépages. Eraflé, foulé, interminablement macéré (huit semaines!) en cuves de chêne ouvertes, "pigé" aux pieds vingt à trente fois, il exprime au terme de cette "obsessionnelle" cuvaison toute la race dont il est susceptible. Des tanins soyeux et délicats, du fruit fondu dans le moelleux de l'alcool: un vin de grande élégance.



Sa personnalité

Peu après l’embouteillage, tout, dans cette cuvée, exprime la jeunesse :

- une belle nuance mauve,

- la franchise fruitée de l'arôme,

- l'attaque en bouche, vive et pointue,

- le milieu, sous-tendu par une acidité tonique et une chaleur voluptueuse, exaltant des caractères de fruit et de bonbon,

- une finale aux tanins fondus, enveloppés de feu et de moelleux.

Un séduisant équilibre général qui évoque, dans ce qu'ils ont d'appétissant, les millésimes les plus réussis de Chiroubles ou de Juliénas, avec le surplus d'un je-ne-sais-quoi qui rappelle discrètement ses origines ensoleillées.

Selon la durée de garde, cette même harmonie originale faite de moelleux et de « fraîcheur », servira ensuite de support à un registre aromatique assez différent et largement complexifié.

Le charme d'un vin épanoui : sensuel, plein de gaieté, sans dissimulation.