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Les
tènements de Centeilles
Sous ce nom générique sont élaborées,
en quantités limitées, certaines cuvées
fortement personnalisées par leur terroir d'origine,
dont la cuvée CARIGNANISSIME. Ancien vocable de langue
d'oc servant à désigner les différents
quartiers d'un territoire communal, le "tènement"
est au vigneron languedocien ce que le "climat"
est au bourguignon: une réalité vivante, riche
de connotations historiques et techniques, dans son infinie
déclinaison de la noblesse des
terroirs.
Données techniques
1 - Encépagement : 100% Carignan.
Ce sont de très vieilles vignes (de 50-70 ans en moyenne)
conduites selon la taille méditerranéenne classique:
le gobelet que l'on retrouve à Bandol et à Châteauneuf-du-Pape.
2 -Vinification par macération carbonique :
Les raisins sont cueillis à la main et transportés
jusqu'à la cave dans des caisses d'une capacité
de 90 litres, mais qui ne sont remplies que jusqu'à
40 kilos. De cette façon, aucun écrasement n'est
possible. La macération carbonique impose que la cuve
soit préalablement saturée de gaz carbonique
et que les raisins y soient versés intacts, sans le
moindre écrasement. Mais à Centeilles, nous
y ajoutons encore quelques scrupules perfectionnistes (!)
que nous devons bien être les seuls à pratiquer
: nous éliminons systématiquement, pendant 48
heures, tout le "jus de goutte" qui finit par se
libérer malgré toutes les précautions,
afin de ne garder que le meilleur qui, dans ce type de vinification,
est le "jus de presse".
Nous acceptons le risque de ne pas levurer la cuve (sinon,
ce ne serait plus une vraie macération carbonique...)
et de ne pas sulfiter du tout. Nous retirons de la cuve, au
moment du décuvage (après une petite semaine
seulement, car nous craignons "d'extraire" trop
de matière de nos vieux carignans concentrés),
des raisins aussi intacts qu'au remplissage. Ces raisins sont
transportés manuellement jusqu'au pressoir, avec le
même respect qu'au moment de la cueillette et de l'encuvage.
3 - Elevage et conditionnement : uniquement
en cuve (pas de barriques pour cette cuvée), pendant
environ 12 mois. L'embouteillage se fait sans retard, afin
"d'enfermer le fruit dans la bouteille" (comme aurait
dit un jour, à propos de ses Meursaults, le Marquis
d'Angerville).
A propos du Carignanissime…
En Minervois, comme dans toutes les appellations françaises,
d'ailleurs, chaque domaine viticole se voit imposer par l'INAO
(Institut National des Appellations d'Origine) la nature des
différents cépages et leurs pourcentages respectifs.
Comme c'est au vignoble même que se fait cette répartition
en pourcentages (c'est à dire par rapport aux superficies
plantées), rien n'interdit au viticulteur de vinifier
séparément le Mourvèdre, ou la Syrah,
ou le Carignan, et d'en faire une cuvée séparée,
dès lors que les quota sont respectés et que
le jury de dégustateurs prononce l'agrément
de labellisation. Quant aux sols, tous ceux de Centeilles
sont des argilo-calcaires sur grès siliceux, mais on
peut dire que les Carignans sont implantés dans les
sols les plus maigres et les plus caillouteux de toute l'exploitation.
A cause des types de sols et de l'âge des vignes, les
rendements sont très faibles, de 30 à 45 hl/ha
environ, et certaines années les productions peuvent
même devenir confidentielles (22 hl/ha autour de l'église
en 1992...).
Sa personnalité
" Le nez se montre très sudiste, sur le cacao
et les épices, les herbes aromatiques, le cuir. La
bouche est chaleureuse, avec une matière ronde, des
tanins étonnamment gras pour ce cépage plus
souvent en sabots qu'en habits du dimanche". Pierre Casamayor.
RVF - Juin 1997.
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